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lundi 13 février 2023

6 choses qui vont changer le monde en 2023 et qui ne sont pas encore arrivées


  1. Augmentation de la dépendance à la technologie de la santé : Avec l'avancement de la technologie et les coûts de la santé en constante augmentation, la dépendance sur les technologies de santé telles que les appareils de monitoring, les applications de suivi et les robots de soins augmentera considérablement en 2023. L'augmentation de la dépendance à la technologie de la santé signifie que les gens comptent de plus en plus sur les outils et les applications basées sur la technologie pour surveiller et améliorer leur santé. Cela est dû à la progression rapide de la technologie et à l'augmentation constante des coûts de la santé. En 2023, il est prévu que cette dépendance augmentera considérablement, car les gens auront accès à une gamme toujours plus large d'appareils de monitoring, d'applications de suivi et de robots de soins qui peuvent les aider à mieux gérer leur santé. Les technologies de la santé peuvent offrir des avantages considérables, tels que des diagnostics plus rapides et plus précis, une meilleure surveillance de l'état de santé à distance, et une intervention plus précoce pour prévenir les maladies. Toutefois, il est également important de reconnaître les risques potentiels liés à une telle dépendance, tels que la vulnérabilité aux erreurs de technologie, la dépendance excessive aux appareils et les impacts potentiels sur les relations humaines et les soins personnalisés.
  2. Adoption massive des énergies renouvelables : Avec le mouvement mondial vers des sources d'énergie propres et durables, l'adoption massive des énergies renouvelables telles que l'énergie solaire, éolienne et hydrolienne sera encore plus évidente en 2023. L'adoption massive des énergies renouvelables signifie que de plus en plus de personnes et d'entreprises adopteront ces sources d'énergie dans leur vie quotidienne et leur activité professionnelle. Cela est motivé par la nécessité de remplacer les sources d'énergie non renouvelables et polluantes par des sources d'énergie propres et durables, qui peuvent être renouvelées sans épuiser les ressources. L'énergie solaire, éolienne et hydrolienne sont des exemples de sources d'énergie renouvelables qui seront adoptées de manière encore plus significative en 2023. Cette tendance est soutenue par les efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique et protéger l'environnement.
  3. Transfert de l'emploi vers l'automatisation et l'IA : La continuelle automatisation de certaines industries et l'adoption croissante de l'IA pour les tâches administratives et de production augmentera le transfert de l'emploi en 2023. Cependant, cela pourra aussi entraîner la formation de nouveaux emplois dans les industries liées à la technologie. L'avancée de la technologie en matière d'automatisation et d'intelligence artificielle (IA) aura un impact sur le marché du travail en 2023. En effet, l'automatisation de certaines industries et l'utilisation de l'IA pour des tâches administratives et de production entraîneront un transfert de l'emploi. Cependant, ce transfert pourra également générer de nouveaux emplois dans les industries liées à la technologie, comme la production de machines et d'outils automatisés, la recherche et développement en matière d'IA, etc. Le transfert de l'emploi vers l'automatisation et l'IA peut rendre certaines tâches plus rapides et plus efficaces, mais il peut également entraîner des pertes d'emplois pour les travailleurs non qualifiés. Il est important de s'assurer que les travailleurs touchés par ce transfert soient formés pour des emplois dans les industries en croissance liées à la technologie, afin d'éviter une crise de chômage.En conclusion, le transfert de l'emploi vers l'automatisation et l'IA en 2023 sera une évolution importante pour le marché du travail, qui aura des conséquences positives et négatives. Il est donc important de se préparer à ces changements pour minimiser les impacts négatifs sur les travailleurs et maximiser les opportunités pour les industries en croissance.
  4. La diffusion massive des robots assistants pour les tâches domestiques et commerciales. La diffusion massive des robots assistants pour les tâches domestiques et commerciales signifie qu'il y aura une adoption généralisée de ces robots pour effectuer des tâches ménagères et de travail dans les entreprises. Cela peut inclure des tâches telles que le nettoyage, la cuisine, la gestion de la paperasse et la surveillance. Cela peut améliorer l'efficacité et la productivité dans ces domaines, mais peut également entraîner des préoccupations quant à l'impact sur l'emploi et les relations humaines.
  5. Les voitures autonomes deviennent courantes, réduisant considérablement les accidents de la route. significatif sur la sécurité routière. Les voitures autonomes utilisent des capteurs, des caméras et des algorithmes d'IA pour se déplacer sur les routes sans intervention humaine. Cela peut réduire les erreurs humaines telles que la distraction, la fatigue et l'alcool au volant, qui sont à l'origine de la plupart des accidents de la route. De plus, les véhicules autonomes peuvent communiquer entre eux et avec le réseau de transport en temps réel pour éviter les collisions et améliorer la circulation. En conséquence, l'adoption des voitures autonomes peut réduire considérablement les accidents de la route et améliorer la sécurité routière.
  6. L'utilisation croissante de la technologie de la blockchain pour une meilleure transparence et sécurité des transactions financières. La technologie de la blockchain est en train de devenir de plus en plus populaire pour les transactions financières. Elle est considérée comme une solution de sécurité avancée en raison de sa transparence et de son immuabilité. Les transactions effectuées à l'aide de la blockchain sont enregistrées sur un registre public et sécurisé qui peut être vérifié par tout utilisateur autorisé. Cela signifie que les transactions sont protégées contre la modification et la falsification, ce qui les rend plus fiables et plus sûres. En outre, la transparence de la blockchain permet de suivre les transactions financières de manière efficace, ce qui aide à lutter contre la corruption et la fraude financière. En raison de ces avantages, l'utilisation de la technologie de la blockchain pour les transactions financières devrait continuer à augmenter en 2023 et dans les années à venir.

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mardi 31 mai 2022

Et maintenant la Grippe de la tomate. On vous dit tout


La grippe de la tomate est apparue en Inde ces dernières semaines. Les médias du pays ont rapporté plus de 80 cas ont été recensés depuis le 6 mai. "Ce n'est pas une maladie mortelle, mais elle est contagieuse et peut se propager d'une personne à l'autre, bien que les véritables modes de propagation soient toujours à l'étude", a expliqué le Dr. Subhash Chandra. 



La grippe de la tomate a été nommée ainsi pour les cloques rouges et irritantes qui apparaissent sur les mains, les pieds et la bouche des individus infectés. Ces éruptions cutanées ressemblent à celles provoquées par la variole du singe.

Comme l'explique The Indian Express, plusieurs effets secondaires sont d'ores et déjà identifiés. Les jambes et les mains peuvent aussi changer de couleur. L'apparition de fièvre, de nausées, de diarrhées, de toux, de douleurs articulaires ou de vomissements peuvent aussi être constatés.

Même si des cas de grippe de la tomate ont été repérés à tout âge, le virus est plus souvent constaté chez les enfants âgés de moins de 5 ans. Aucun décès n’a encore été recensé. Une maladie très embêtante par ses symptômes, mais qui ne semble pas a priori extrêmement grave, selon les premières constatations scientifiques. Un des hypothèses avance l'apparition d’une nouvelle forme de l’infection virale pieds-mains-bouche, répandue chez les jeunes enfants.

Un traitement existe-t-il ?

Pour l'instant il n’existe pas de traitement pour soigner le virus de la grippe de la tomate. Le seul moyen de soulager les malades est de traiter les effets secondaires.


Rejoignez la communauté SCIencextrA

Une restauratrice du Pays basque a refusé une femme car elle était «habillée comme à la préhistoire».

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Une femme voilée s’est vue refuser l’entrée d’un restaurant d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), au Pays basque. La propriétaire de l’établissement assume mais une plainte pour discrimination a été déposée.

La femme a été refoulée dimanche. Son fils explique dans «Sud Ouest» qu’il voulait «faire une surprise» à sa maman en l’invitant. Il affirme que sa mère portait un simple foulard noué autour du visage.

L’homme a filmé la scène et l’a postée sur les réseaux sociaux. On entend la restauratrice dire qu’elle ne veut pas «d’une femme habillée comme à la préhistoire» dans son établissement.

La vidéo a été vue de nombreuses fois et la page Facebook du restaurant a été inondée de messages dénonçant son «racisme», une «discrimination» ou appelant au boycott.

La propriétaire de l’établissement semble cependant assumer sa décision et a expliqué qu’elle «n’accepte rien de ce qui peut s’apparenter à un outil de soumission de la femme.» Reste que la justice devrait s’en mêler: le fils de la femme refoulée a déposé une plainte pour discrimination au commissariat de Pau.

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vendredi 31 décembre 2021

LA FRANCE INTERDIT LA VENTE DE FLEURS DE CANNABIS

jeudi 25 février 2021

La fatigue est le nouveau mal du siècle ou bien une revendication sociale ?

Par 


Fatigue, burn-out, surcharge mentale, épuisement professionnel… ces notions ont marqué le début du XXIe siècle et prennent une nouvelle ampleur avec les restrictions liées à la pandémie. Pourquoi parle-t-on autant de fatigue ? Notre mode de vie moderne produit-il de l’épuisement ? Alors que d’aucuns voient la fatigue comme le symptôme de l’individualisme moderne, nous proposons ici d’examiner l’expression de la fatigue comme une revendication sociale légitime, celle de la prise en compte de nos besoins vitaux.

Une fatigue « moderne » ?

Dans son excellente Histoire de la fatigue, Georges Vigarello retrace les mutations dans les manières dont la fatigue a été comprise, exprimée, représentée et étudiée depuis le Moyen Âge en Occident. L’histoire qu’il raconte est celle de l’évolution du regard porté sur les corps humains, mais aussi celle de l’évolution des valeurs et des structures socioculturelles qui influent sur le rapport au corps, et l’évolution de l’importance accordée à certains individus, ou certaines formes de fatigue, à différentes époques. De la fatigue des chevaliers errants ou des pèlerins au Moyen Âge à celle des ouvriers au XIXe siècle, l’histoire de la fatigue n’est pas étrangère aux valeurs de l’époque qui la représente. C’est l’histoire de ceux qui comptent, des fragilités et vulnérabilités reconnues au sein de la société.

Aussi doit-on se demander ce que véhicule aujourd’hui le discours important sur la fatigue dans nos sociétés contemporaines. Il y a un paradoxe moderne avec l’émergence d’un nouveau vocabulaire pour parler de la fatigue : burn-out, épuisement professionnel, surcharge mentale… Alors que concrètement nous vivons à une époque où nous avons de plus en plus de loisirs et une protection offerte par le droit du travail, la fatigue devient omniprésente dans nos discours. Certains pourraient argumenter qu’il s’agit de l’invention de pathologies nouvelles, ou alors le résultat d’une demande accrue de liberté et le rejet de toute forme de contrainte extérieure.

Dans son ouvrage La société de fatigue, Byung-Chul Han défend notamment la thèse que notre société moderne n’est plus une société « disciplinaire » (Foucault), mais une société d’accomplissement, de succès, ou le sujet est libre de toute domination externe. Selon Han, les pathologies de l’époque présente (burn-out, dépression) ne résultent pas de contraintes ou de formes d’exploitation, mais d’un excès de positivité ou de liberté, et de l’exigence de perfection et de performance que chacun s’impose à lui-même, une « exploitation volontaire de soi ».

Si Han a raison d’insister sur un changement de paradigme, un tournant individualiste dans une société qui valorise la productivité et condamne le temps « inutile », il est néanmoins loin d’être démontré que les contraintes extérieures ont disparu. Au contraire, ces « valeurs » d’accomplissement et de réussite sont aussi déterminées par les contextes et institutions qui exigent de plus en plus le développement des compétences, une évaluation et un contrôle de plus en plus renforcé de la performance mais aussi de la personne.

Un problème ancien

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication, le développement des réseaux sociaux et des outils de contrôle constituent bien entendu de nouveaux enjeux modernes auxquels personne, ou presque, n’échappe.

Cependant, la fatigue est loin d’être un enjeu propre au XXIe siècle. Friedrich Nietzsche soulignait déjà en 1878, dans Humain trop humain, l’évolution des valeurs qui conduisait au rejet du repos et à la course à la performance et à la productivité : « Par manque de repos notre civilisation court à une nouvelle barbarie. En aucun temps les gens actifs, c’est-à-dire les gens sans repos, n’ont été plus estimés. » Nietzsche critiquait une société qui ne comprenait plus l’importance de la lenteur, de la contemplation et du repos, n’accordant de crédit qu’à l’activité et l’utilité.

Avant Nietzsche, Karl Marx écrivait dans Le Capital (1867) que l’une des injustices fondamentales du système capitaliste était le fait qu’il privait les individus du temps de repos nécessaire, « vol[ant] le temps qui devrait être employé à respirer l’air libre et à jouir de la lumière du soleil » et exigeant de la part de chacun un effort maximal, n’accordant qu’un repos minimal « sans lequel l’organisme épuisé ne pourrait plus fonctionner. »

Son gendre, Paul Lafargue, offrait en 1883 (Le droit à la paresse) une critique radicale de la société qui avait érigé le travail en valeur suprême afin de justifier l’exploitation des travailleurs, faisant de la valeur travail un outil d’asservissement en apparence moins violente que l’asservissement par la force, mais tout aussi problématique. Et alors que même à l’époque le développement de nouvelles technologies aurait pu permettre aux gens de travailler moins et de disposer de plus de temps pour le repos et les loisirs, au lieu de mettre la technologie au service des besoins humains, celle-ci semblait les avoir mis en concurrence, les obligeant à prouver leur utilité et à lutter pour avoir le droit de travailler toujours plus.

Ce qui a changé

Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ? Sommes-nous vraiment plus fatigués qu’auparavant ? Il est vrai que la fatigue au travail atteint actuellement des ampleurs inquiétantes, avec près d’un salarié sur cinq en risque d’épuisement d’après une enquête de 2019, sans parler des effets de la pandémie notamment dans certains secteurs, comme dans les domaines de la santé et de l’enseignement supérieur.

Il serait impossible d’établir une comparaison historique, ou d’essayer de quantifier le degré de pénibilité dans différents contextes ou situations. Et cela d’autant plus que la fatigue est une notion protéiforme, comportant des dimensions physiques, psychiques, et émotionnelles.

Ce qui est résolument contemporain, cependant, c’est que la fatigue a envahi nos discours, et nos manières de nous décrire. L’on en parle plus volontiers à l’heure actuelle, et nous inventons de nouveaux usages et de nouvelles expressions pour décrire cet état (burn-out, surcharge mentale…). Et alors qu’auparavant parler de la fatigue avait une connotation négative, aujourd’hui l’acceptation de la vulnérabilité ou de la fragilité provoquée par les situations subies s’exprime comme la revendication de nos besoins (de sommeil, de repos, de liberté, de sens).

Dire la fatigue : une nouvelle revendication sociale

Historiquement, la prise en compte de la fatigue a été une manière de rendre visible la situation des individus auparavant privés de voix et de visibilité au sein de la société. Exprimer la fatigue, la nommer, rechercher ses causes et ses mécanismes, la représenter, vont ainsi de pair avec la prise en compte sociétale des formes de souffrance jusqu’alors ignorées ou méprisées.

Plus que le symptôme d’une société individualiste où chacun vise l’accomplissement personnel, nous émettrions l’hypothèse que le discours contemporain sur la fatigue dévoile l’inadéquation ressentie de manière de plus en plus vive entre les systèmes économiques et sociaux au sein desquels nous vivons et travaillons, et nos besoins et aspirations en tant que vivants humains.



Dans ce contexte, nous devrions plus que jamais porter attention à ce que veut dire l’expression de la fatigue. Et surtout à une modification dans ce discours. Au cours du XXe siècle, la représentation de la fatigue est devenue progressivement de plus en plus psychologique, intérieure, en lien avec le vécu personnel ou individuel. Peter Handke, dans son Essai sur la fatigue (1996), la disait par exemple « séparatrice », un repli sur soi et rupture de nos liens avec le monde.

Aujourd’hui cependant, la fatigue s’articule selon une dimension collective. Non plus l’état d’un « je », mais celui d’un « nous », par exemple dans ce dossier de Philosophie Magazine de 2019, « Pourquoi sommes-nous si fatigués ? », ou dans les multiples références à la fatigue des travailleurs, des soignants, des Français dans les médias.

Ce passage de l’individuel au collectif suggère que la fatigue est amenée à jouer un nouveau rôle dans notre société : plus que la description d’un état ou un phénomène touchant la personne dans son intimité, elle devient (peut-être) un outil de revendication sociale.


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mardi 9 février 2021

Il y a 10 ans un virus cousin du SARS-Cov-2 circulait au Cambodge

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Alexandre Hassanin

En novembre et décembre 2010, des chercheurs de l’ISYEB (Institut de systématique, évolution, biodiversité du Muséum national d’Histoire naturelle) ont exploré plusieurs sites au nord du Cambodge sur invitation de l’Unesco et des autorités cambodgiennes. L’objectif était de mieux caractériser la biodiversité des chauves-souris de la région du temple de Preah Vihear. Cette mission a permis de collecter des données sur un grand nombre d’espèces de chauve-souris incluant huit espèces du genre Rhinolophus.

Aujourd’hui, ce genre de chauve-souris intéresse au plus haut point les scientifiques, car il constitue le réservoir des Sarbecovirus, le groupe de la famille des coronavirus contenant les virus humains SARS-CoV et SARS-CoV-2, respectivement responsables de l’épidémie de SARS en 2002-2004 et de l’actuelle pandémie de Covid-19. Or, à l’époque, ces chercheurs avaient eu l’idée de contacter l’Institut Pasteur du Cambodge (IPC) afin de permettre des études virologiques sur les chauves-souris capturées.

Après avoir été conservés pendant 10 ans dans un congélateur à -80 °C, ces échantillons ont récemment été testés par les chercheurs de l’IPC dans le but de détecter des Sarbecovirus. Pari gagnant puisque deux échantillons trouvés positifs par PCR (Polymerase Chain Reaction, test similaire à ceux que nous connaissons bien aujourd’hui) ont ensuite été envoyés à l’Institut Pasteur de Paris pour séquençage de leur génome complet.



Photographies illustrant la chauve-souris Rhinolophus shameli, l’entrée de la grotte où nichait une importante colonie de cette espèce et la forêt-clairière à proximité du lieu de capture.
Photographies illustrant la chauve-souris Rhinolophus shameli, l’entrée de la grotte où nichait une importante colonie de cette espèce et la forêt-clairière à proximité du lieu de capture.

C’est ainsi que deux variants d’un nouveau virus proche du SARS-CoV-2 viennent d’être décrits chez deux chauves-souris de l’espèce Rhinolophus shameli capturées en 2010 dans une grotte de la province de Steung Treng.

Ils ont été nommés RshSTT182 et RshSTT200, « Rsh » faisant référence à l’espèce de chauve-souris et « STT » à la province d’origine. Les résultats sont en libre accès sur le site bioRxiv en attendant la revue par les pairs. Cette pratique est aujourd’hui très utilisée afin de transmettre rapidement de nouvelles connaissances à propos de la pandémie de Covid-19.

Chez les chauves-souris, les virus apparentés au SARS-CoV-2 sont présents au Yunnan et en Asie du Sud-Est continentale.

La découverte de ce nouveau virus au nord du Cambodge est importante, car il s’agit du premier virus proche du SARS-CoV-2 trouvé en dehors de la Chine (93 % d’identité génomique : 27 819 identiques sur les 29 913 bases alignées des deux génomes). En effet, tous les virus précédemment décrits avaient été détectés chez des animaux collectés en Chine. Ils comprennent deux virus découverts chez deux espèces de chauves-souris attrapées au sud de la Chine dans des grottes de la province du Yunnan : RaTG13 (96 % d’identité avec SARS-CoV-2) et RmYN02 (94 %) respectivement isolés à partir de Rhinolophus affinis et Rhinolophus malayanus. Par ailleurs, deux autres virus plus divergents (90 et 85 % d’identité avec SARS-CoV-2) ont été trouvés chez des pangolins de l’espèce Manis javanica saisis par les douanes chinoises dans les provinces de Guangdong et Guangxi.

Le nouveau virus du Cambodge a été détecté chez Rhinolophus shameli, une espèce de chauve-souris endémique de l’Asie du Sud-Est. Il est important de noter que la distribution géographique de cette espèce ne déborde pas sur la Chine et en particulier le Yunnan où ont été trouvés les virus RaTG13 et RmYN02.



Carte de distribution géographique des trois espèces de chauves-souris chez lesquelles des virus proches du SARS-CoV-2 ont été séquencés. Les points colorés indiquent les localités d’origine des virus RaTG13
Carte de distribution géographique des trois espèces de chauves-souris chez lesquelles des virus proches du SARS-CoV-2 ont été séquencés. Les points colorés indiquent les localités d’origine des virus RaTG13 (bleu), RmYN02 (vert), RshSTT182 et RshSTT200 (rouge).

Cela signifie que les virus apparentés au SARS-CoV-2 circulent depuis plusieurs décennies (d'après les datations moléculaires) dans toute l’Asie du Sud-Est et le Yunnan viaplusieurs espèces de Rhinolophus qui peuvent échanger ces virus dans les grottes où elles se côtoient régulièrement. Ainsi, ces nouvelles données valident l’hypothèse selon laquelle les virus proches du SARS-CoV-2 sont davantage diversifiés en Asie du Sud-Est, alors que ceux apparentés au SARS-CoV ont plutôt évolué en Chine. Rappelons ici que les chercheurs chinois prospectent depuis une quinzaine d’années dans toutes les provinces du pays pour découvrir de nouveaux Sarbecovirus. Ainsi, plus d’une centaine de virus du groupe SARS-CoV ont été découverts en Chine contre seulement deux virus du groupe SARS-CoV-2 (RaTG13 et RmYN02), tous deux originaires du Yunnan, la province la plus proche des pays d’Asie du Sud-Est.



Nombre de malades de la Covid-19 par million d’habitants
Nombre de malades de la Covid-19 par million d’habitants (en bleu) et de décès par million d’habitants (en rouge) pour les différents pays d’Asie du Sud-Est.

Les données représentées dans la figure ci-dessus soutiennent indirectement l’hypothèse d’une origine du groupe SARS-CoV-2 en Asie du Sud-Est continentale. En effet, les populations humaines du Cambodge, du Laos, de Thaïlande et du Vietnam semblent beaucoup moins impactées par la pandémie de Covid-19 que les autres pays de la région, tels que le Bangladesh, le Myanmar, la Malaisie, les Philippines et l’Indonésie. Cela suggère que les populations de ces quatre pays pourraient bénéficier d’une meilleure immunité collective vis-à-vis des Sarbecovirus.

Contamination des pangolins par des chauves-souris en Asie du Sud-Est

Les pangolins étaient autrefois présents dans toutes les forêts d’Asie du Sud-Est et du sud de la Chine. Ces dernières décennies, leurs effectifs ont diminué de façon drastique et inquiétante en grande partie à cause de la déforestation massive liée à l’intensification de l’agriculture. Parallèlement, cette déforestation a facilité la tâche des braconniers. Or, l’augmentation de la chasse des pangolins, due à leur trafic illégal très lucratif, a contribué à faire considérablement baisser les populations des différentes espèces de pangolins (y compris en Afrique !).

Le pangolin malais (Manis javanica) est la seule espèce sauvage n’appartenant pas aux chiroptères chez laquelle ont été découverts des virus apparentés au SARS-CoV-2. Le problème est que ces découvertes ont été réalisées dans un contexte un peu particulier : plusieurs animaux malades ont été saisis par les douanes chinoises dans la province de Guangxi en 2017-2018 et dans la province de Guangdong en 2019.

Même si les virus séquencés chez ces pangolins ne sont pas très proches du SARS-CoV-2 (85 et 90 % d’identité), ils montrent qu’au moins deux Sarbecovirus ont pu être importés sur le territoire chinois bien avant l’épidémie de Covid-19. Il est important de rappeler ici que la plupart des pangolins saisis par les douanes chinoises étaient très malades, notamment en raison de la prolifération des Sarbecovirus dans leurs poumons. Ainsi, ces animaux présentaient une charge virale très importante et ils étaient hautement contagieux.

Il a été montré que des pangolins d’origines géographiques différentes en Asie du Sud-Est se sont contaminés entre eux sur le territoire chinois, évidemment à cause de leur captivité. Une des questions en suspens était de savoir si certains pangolins avaient pu être préalablement infectés par des chauves-souris dans leur milieu naturel.

La découverte d’un nouveau virus proche du SARS-CoV-2 chez des chauves-souris du Cambodge permet de corroborer cette hypothèse, car les rhinolophes et les pangolins peuvent se rencontrer dans les grottes d’Asie du Sud-Est. Cela renforce considérablement l’hypothèse selon laquelle le trafic des pangolins est responsable de multiples exportations vers la Chine de virus du groupe SARS-CoV-2.

Effet « boule de neige » de l’élevage des petits carnivores en Chine ?

On sait aujourd’hui que plusieurs espèces de petits carnivores sont aussi très sensibles au Sarbecovirus. En 2002-2004, plusieurs petits carnivores maintenus en cage dans des marchés ou des restaurants chinois avaient été trouvés positifs au SARS-CoV, tels que la civette masquée (Paguma larvata), le chien viverrin (Nyctereutes procyonoides) et le blaireau-furet (Melogale moschata).

Rappelons ici que ces petits carnivores sont des mammifères solitaires et nocturnes, tout comme les pangolins d’ailleurs. Dans la nature, la contamination occasionnelle d’un individu de ces espèces par un Sarbecovirus de chauves-souris a très peu de chance d’entraîner une épidémie. En revanche, un individu infecté placé dans un élevage intensif peut entraîner une rapide évolution incontrôlable de ce type de virus.

En 2020, des visons d’Amérique (espèce Neovison vison) élevés pour leur fourrure ont été contaminés par des SARS-CoV-2 d’origine humaine dans plusieurs pays : Danemark, Espagne, États-Unis, France, Grèce, Italie, Pays-Bas et Suède. Ces exemples nous ont appris que maintenir des centaines voire des milliers de petits carnivores en captivité constituait un risque sanitaire majeur, car le virus est susceptible de diffuser très rapidement dans les élevages et d’y évoluer en produisant de nouveaux variants potentiellement plus contaminants ou plus dangereux pour l’être humain que la souche initiale.

Plusieurs pangolins infectés par des virus apparentés au SARS-CoV-2 ont été saisis sur le sol chinois entre 2017 et 2019. Il est fort probable que d’autres pangolins infectés par d’autres lignées virales ont circulé sur le territoire chinois ces dernières années en raison du grand nombre d'animaux importés illégalement, le plus souvent vivants. Comment alors ne pas envisager que certains d’entre eux, aient pu croiser la route (ou plutôt la cage !) de petits carnivores d’élevage ? Si cela est arrivé, le carnivore contaminé a pu très rapidement transmettre le virus à ses congénères dans les hangars utilisés pour l’élevage. Cet effet « boule de neige » pourrait être la dernière étape à l’origine de la pandémie de Covid-19. Est-il possible de tester cette hypothèse ? Cela ne semble pas impossible car les articles scientifiques publiés sur les visons (Neovison vison) et les chiens viverrins (Nyctereutes procyonoides) élevés en Chine pour leur fourrure révèlent des infections par plusieurs virus respiratoires au cours de ces dernières années, tels que celui de la maladie de carré (CDV) ou ceux des grippes aviaires (H5N1 et H9N2). Autrement dit, il y a eu de multiples campagnes de prélèvements biologiques (sang, organes et fèces). Il serait souhaitable que nos collègues chinois ressortent ces échantillons des congélateurs pour étudier une possible infection par des Sarbecovirus. Cela pourrait s’avérer très utile pour mieux comprendre pourquoi les épidémies émergent en Chine et pas ailleurs.