jeudi 27 octobre 2011

Interview de Nicolas Sarkozy 27 octobre 2011

Rejoignez la communauté SCIencextrA . .



Si la France et l'Allemagne n'avaient pas été du même pas, "l'Europe n'aurait pas résisté", explique ce soir Nicolas Sarkozy, après avoir fait le point sur la crise de la dette. Et annoncé, au passage, que des commissaires européens veilleraient à ce que les engagements de la Grèce soient tenus. "Pour l'instant, précise le chef de l'Etat, la crise en Grèce a coûté 100 milliards aux banques, et si la Grèce tient ses engagements cela ne nous coûtera rien."
"Depuis une trentaine d'années, en gros, aucun budget n'a été voté à l'équilibre", rappelle Nicolas Sarkozy. Qui explique qu'il a donc fallu emprunter sur les marchés." A tel point que le remboursement des intérêts s'élève cette année à 49 milliards d'euros. Insistant sur le fait que, contrairement à de nombreux pays européens, la France bénéficie d'un taux à 3%. Et est l'un des 5 pays à bénéficier d'un triple A.
Le problème, insiste-t-il, ce n'est pas les agences de notation, c'est que "nous dépensons trop et qu'il faut travailler plus"'.
"Les marchés financiers en 2008 ont fait n'importe quoi : il n'y a aucune raison que les contribuables soient mis à contribution pour les erreurs des marches ou des banques". Il estime que les banques ont choqué les Français par leur bonus.
Nicolas Sarkozy énumère des mesures qui seront prises vis à vis des banques dans le cadre de la recapitalisation décidée la nuit dernière. Bonus et dividendes seront surveillés. Il veut que "les pratiques du passé s'arrêtent".
Séparer les activités des banques, dépôt et affaires ? Le président rappelle la "catastrophe" des nationalisations en 1981. "Vous pouvez avoir confiance dans la solidité de vos banques", dit-il aux épargnants français.
Pourquoi aider la Grèce ? "Nous sommes interdépendants", souligne Nicolas Sarkozy. "Je dis aux Français : regardez ce qui se passe quand des pays n'ont pas fait quand il fallait les réformes qu'il fallait". Et il rappelle l'opposition qu'il a rencontrée lors de sa réforme des retraites. Il revient sur la décision des socialistes en 83 de faire passer la retraite de 65 à 60 ans. "Ce sont les générations suivantes qui le paient". Sa réforme, elle, "a protégé les Français". S'il n'y a pas eu de baisses de salaires en France, contrairement aux voisins européens, c'est "grâce aux mesures qui ont été prises".
Crise de la dette
Nicolas Sarkozy revient sur les pays émergents qui ont eu une stratégie commerciale agressive. "Nous n'avons pas voulu regarder la réalité en face". Mais il ne veut pas passer d'un excès à l'autre : "si vous voulez garder votre modèle social (santé, emploi, retraite), il faut accepter de prendre les mesures courageuses", comme cotiser plus longtemps pour la retraite : "l'affaire des 35 h a été une folie payée par les ouvriers et les salariés les moins payés car il y a eu des délocalisations et pression sur les salaires".
 
"La ligne stratégique est claire : le travail, l'innovation, l'investissement, la formation". Nicolas Sarkozy rappelle sa mesure sur les heures supplémentaires.
Réduction de notre déficit : il défend sa mesure de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux : "entre 1990 et 2007, il y a eu plus d'un million de fonctionnaires en plus, ce n'est pas raisonnable. J'en ai supprimé 150.000."
"Moins d'assistanat, et plus d'investissment, c'est la martingale". La France et l'Allemagne vont se rapprocher "pour aller ensemble à la conquête des marchés".
A propos des marchés étrangers, il souligne qu'à son avis, "le protectionnisme, c'est une très mauvaise chose", en revanche, il veut aller vers la réciprocité.
Budget de la France : Nicolas Sarkozy salue la gestion de François Fillon. Et pour compenser la révision à la baisse de la croissance, il va demander à son gouvernement de prendre des mesures mais à condition qu'elles renforcent la compétitivité. "Nous annoncerons des mesures après le G20".  Il est contre l'augmentation généralisée de la TVA, ce qui serait "injuste".
Il annonce que la prévision de croissance pour le budget est revue à 1% pour l'année prochaine, comme l'Allemagne. Il faut trouver 6 à 8 milliards d'économie. Il annoncera les mesures dans une dizaine de jours.
"Le budget de l'année prochaine sera le premier de l'histoire de la République qui diminuera. L'objectif, c'est de diminuer la dépense publique." Donc, il faut plus de fonctionnaires qui sortent qu'il n'en entre.
 
Il s'explique sur des propos qu'il a tenus sur les fonctionnaires, dont il souligne la compétence et l'honnêteté. Mais il souhaite aussi  "que la solidarité n'aille pas à ceux qui ont le plus de capacité de nuisance", souligne Nicolas Sarkozy, rappelant qu'il n'a pas cédé à la rue pour les retraites et les universités. 'Ceux qui réclament le plus" ne sont pas forcément ceux qui ont le plus besoin. Il insiste cependant sur la revalorisation du salaire des enseignants : "des enseignants moins nombreux mais plus payés et plus respectés."
Convergence avec l'Allemagne : le président évoque une harmonisation sur les impôts sur les sociétés, les taux de TVA, la fiscalité du patrimoine... Le début d'une sorte de fédéralisme ? "Il n'y a pas assez d'intégration économique dans la zone euro, entre les 17, et trop entre les 27".
Nicolas Sarkozy souhaite aller vers une réindustrialisation. "La rupture de compétitivité dans tous les secteurs : les 35 h", accuse-t-il de nouveau.
Les Chinois ? "S'ils veulent placer leur argent dans l'euro, c'est qu'ils ont confiance dans l'euro".
Les affaires : Nicolas Sarkozy est ensuite interrogé sur l'actualité française. Et notamment les soupçons de financement illégal de la campagne de Balladur. Il s'indigne et rappelle toutes les affaires "qui se sont terminées par des non-lieu". "La transparence, je suis d'accord, la calomnie, non".
Sa candidature en 2012 ? "Vous vous êtes des commentateurs,vous commentez, moi, les Français m'ont désigné, je dois agir, je suis un acteur". Il ne veut pas réagir aux sondages et à sa baisse de popularité. "J'ai un travail de Président à faire. Je dois protéger les Français." Etre candidat et président ? "En ce moment, non, ce n'est pas possible. La question sera tranchée fin janvier début février."
Envisagez-vous de ne pas être candidat pour pouvoir faire un travail impopulaire, prendre des mesures drastiques ? Nicolas Sarkozy ne veut pas plus répondre.

    Choose :
  • OR
  • To comment
Aucun commentaire:
Write comments